Traversée virale en ski de randonnée dans les Tatras polonaises

mars 22, 2020 julienghm 5 comments

C’était un voyage viral.

Comme d’habitude, j’appelle mon super pote Xavier et je luis dis, ça te branche de skier en Pologne l’année prochaine.

« Hummm, Il y a des montagnes, Pourquoi pas, c’est une idée sympa? »

Ce mec est viral, 5 jours après 12 ami(e)s quasiment tous médecins sont déjà inscrits sur ce raid. Et quelle bande de pote: Ben, Alex, Eloi, Fab, Maguite, Coralie, Baptiste, Edith, Aymeric, Xav et Sam

J’appelle Dorian Labaeye et Catherine Labe, on monte le projet et c’est parti.

Début mars, l’anxiété monte doucement en France, tout le monde sent que le Covid se rapproche. Dans le groupe au moins 3 couples avec enfants font partis du voyage. On a tous un peu la trouille d’être éloigné d’eux pour un bon moment, mais aucun signal alarmant ne nous pousse encore à décaler.

7 mars, on débarque à Zakopane, on se balade dans ce Chamonix polonais et on arrose notre arrivée, une bière, 2 bières, 1 vodka, 2 vodkas… oups ça tourne viral, bref on est content de se retrouver et sans avoir attaqué le raid, on le fête déjà.

La première journée, des calèches nous emmènent sur 10 Km de plat vers le refuge Chocholowska, point de départ du raid.

Nous gravirons le Rakon, un joli petit sommet au dessus du refuge. Nous parcourons ainsi de belles clairières parsemées de sapins et de feuillus

Nous avons la grande surprise de croiser des traces à la descente. Après quelques rapides conjectures nous constatons qu’il s’agit d’empreintes d’Ours fraîches. Nous croisons les doigts pour ne pas le croiser et surtout nous espérons ne pas trop impacter ce biotope.

la journée suivante se passe en altitude, nous alternons montée descente et cheminement de crêtes, le beau temps nous offre un paysage splendide. Bref le plaisir de parcourir les montagnes devient viral. Nous rejoignons le magnifique refuge Ornak niché entre les sapins.

Départ sous les nuages pour une longue étape. 10 Km de glisse à la descente. On ouvre les sacs pour poter et remonter. Le guide qui dit tout le temps à tout le monde de ne rien oublier, mais aujourd’hui il a oublié ses peaux :-(. le foutage de sa gueule devient vite virale :-). Heureusement on a une paire de peaux de secours.

Après 2 heures de montée, le ciel se dégage. Nous  cheminons alors sur une crête à la frontière slovaque. Nous sommes content de ne pas avoir eu de vent pour pouvoir ainsi rejoindre le refuge Kondratowa, le plus petit abri de la semaine

Nous y avons échappé depuis le début de la semaine mais finalement, elle nous a rejoint: la pluie.

Une petite glisse vers Zakopane et par chance le téléphérique de Kasprovy Wierch ouvre malgré le vent. Un vieux téléphérique qui bouge et les discussions avec les Polonais qui commencent à faire flipper avec le Coronavirus font monter la pression.

Finalement nous glissons depuis le haut de la station jusqu’au refuge de Murowaniec ou nous remettons les peaux. Il pleut toujours, mais rien de rhédibitoire. c’est finalement une jolie journée un peu plus technique qui nous attend. Dorian chemine devant pour trouver le passage du col au sommet d’un couloir et c’est enfin la descente sur l’avant dernier refuge de Pieçu Stowa

Un tournoi de belote virale s’achève. Depuis le début de la semaine Alex et Eloi tiennent la dragée haute à tout le monde avec des règles toujours ajustables selon leurs besoins.

Le matin, le vent s’est levé, je démarre un peu derrière le groupe et je suis rapidement hilare quand je vois 100 m devant le refuge un jeu de quille devant moi. 8 des 11 skieurs viennent de se faire coucher par une belle rafale de plus de 100 Km/h. Nous parcourons une centaine de mètres de dénivelé face au vent puis avec raison gardée, nous abandonnons l’idée de rejoindre le dernier refuge de Morskie Oko. Nous glissons dans la vallée en slalomant entre les arbres oscillants avec le vent jusqu’à Lysa Polona où nous manquerons effectivement de peu de prendre un arbre  sur la tête.

C’est finalement dans un Cracovie avec les lieux publics fermés que nous nous retrouvons. Nous occupons les 24 h suivantes entre balade à vélo et repas chaleureux dans cette jolie ville. Les nouvelles inquiétantes nous arrivent de partout et nous commençons à nous demander si nous reverrons bientôt nos bambins.

Nous avons finalement notre avion à 6h le lendemain matin pour rentrer en France seulement 6h avant l’arrêt du trafic aérien en Pologne. Ouf.

Maintenant nous sommes de retour à la maison, confiné à la maison, avec une saison amputée, mais au moins tout nos proches vont bien. On croise les doigts pour que cette crise sanitaire passe vite et avec le moins de dégâts possibles pour tout le monde. Nous rêvons déjà nos prochains itinéraires.

Petit clin d’oeil à notre meilleur ami de la semaine: Zakopane

 

trucs et astuces pour ce raid:

Les refuges sont très durs à réserver, beaucoup de gardiens ne parlent pas anglais.

Raid facile et peu engagé avec la possibilité de rejoindre chaque refuge par des fonds de vallée et possibilité de s’échapper facilement tous les jours.

Début mars est une bonne période pour ce raid.

Le décalage culturel France Pologne est assez marqué et il ne faut pas s’offusquer des réactions parfois surprenantes des locaux.

Les refuges sont très confortables et avec des douches.

5 Comments on “Traversée virale en ski de randonnée dans les Tatras polonaises

  1. En relisant ta lettre et pour paraphraser Gainsbourg, je te signale que contrairement a Zakopane, foutage de gueule virale s’écrit sans « e »
    😉

    Excellent séjour, et comme d’habitude, narration inénarrable !
    N’empêche que pour le confinement, les Polonais ont une boisson très efficace… plutôt Chopin ou zubrowska ??

    1. A noter la touche musicale de ce Raid avec dès passages en flûte qui on égayé les pauses! David, tu sauras certainement relever le niveau surtout si tu prends l’accordéon! 😉

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